Biographie
de Alejandro Jodorowsky

Qui est Alejandro Jodorowsky ?

Il était une fois un homme qui refusait les frontières. Ni celles du genre, ni celles de la pensée, ni même celles du réel. Alejandro Jodorowsky naît en 1929 au Chili, dans une famille d’émigrés ukrainiens. Très tôt, il découvre que le monde n’est pas ce qu’il paraît être. Le théâtre, la poésie, les masques et les rêves deviennent ses langages. Mais plus encore que le spectacle, ce qu’il cherche, c’est l’éveil.

Il parcourt le monde comme on traverse un conte initiatique. Il devient mime à Paris, metteur en scène, cinéaste surréaliste. El Topo, La Montagne sacrée, Santa Sangre : autant de films-rites, dérangeants, hypnotiques, où se mêlent l’alchimie, le tarot, le sacré et la folie. Il ne filme pas pour divertir. Il filme pour révéler. Chaque image est un miroir, chaque plan, une initiation.

Mais Jodorowsky n’est pas seulement un artiste. Il est aussi un thérapeute d’âme. À travers la psychomagie, il invente un art de guérir symbolique, à mi-chemin entre le chamanisme, la psychanalyse et la poésie. Pour lui, les blessures profondes ne se guérissent pas avec des mots seuls, mais avec des actes chargés de sens. Des rituels, des gestes, des actes poétiques qui parlent directement à l’inconscient.

Il est aussi un amoureux du Tarot de Marseille, qu’il étudie et pratique depuis plus de cinquante ans. Avec Marianne Costa, il en propose une lecture vivante, archétypale, opérative. Pour lui, chaque arcane est une clé, chaque lame un miroir. Le tarot n’est pas un outil divinatoire, mais un alphabet symbolique pour dialoguer avec l’âme.

Jodorowsky écrit, dessine, soigne, provoque, inspire. Il s’aventure aussi dans la bande dessinée (L’Incal, avec Moebius), où il crée des mondes futuristes et métaphysiques, des labyrinthes de quête et de conscience. Toujours, il parle de transformation. De transmutation. De traversée du chaos.

Son œuvre est un cri d’amour pour l’humanité blessée. Une invitation à sortir des carcans, à réconcilier le masculin et le féminin, le fou et le sage, le corps et l’esprit. Il ne prêche pas une religion : il appelle à une liberté intérieure, à une expansion de l’être.

Alejandro Jodorowsky vit encore, vieil alchimiste moderne, passeur de rêves, clown sacré et thérapeute du cœur. Il nous apprend que l’art peut guérir, que les symboles sont vivants, et que notre plus grande œuvre, c’est nous-mêmes.

Et peut-être, à travers un tirage de tarot, un rêve étrange, ou un geste absurde et libérateur, c’est lui qui murmure : « Ne crois rien. Expérimente tout. Et transforme-toi. »