Biographie
de Taisen Deshimaru
Qui était Taisen Deshimaru ?
(la voie du zazen)
Taisen Deshimaru fut l’une des principales figures de l’implantation du bouddhisme zen Sōtō en Europe. Né près de Saga, sur l’île japonaise de Kyūshū, il commence en 1935 à pratiquer auprès de Kōdō Sawaki, l’un des maîtres zen japonais les plus importants du XXe siècle. Celui-ci l’encourage cependant à poursuivre sa pratique au sein de la vie ordinaire plutôt qu’à se retirer immédiatement dans un monastère. Deshimaru ne recevra l’ordination monastique de Sawaki qu’en 1965, peu avant la mort de ce dernier.
En 1967, il s’installe en France et entreprend d’y transmettre le zen. À une époque où celui-ci était souvent connu en Occident à travers la philosophie, les arts ou une certaine fascination pour le Japon, Deshimaru insiste avant tout sur sa dimension pratique. Au centre de son enseignement se trouve zazen : la méditation assise, pratiquée dans une posture précise, où l’on ne cherche pas tant à atteindre un état particulier qu’à être pleinement présent à l’expérience de l’assise.
Son enseignement se développe rapidement. Des dojos et des groupes de pratique apparaissent en France puis dans plusieurs pays européens. Il fonde l’Association Zen d’Europe, devenue par la suite l’Association Zen Internationale, et publie de nombreux ouvrages consacrés au zen et à sa pratique. En 1979, il fonde avec ses disciples le temple de La Gendronnière, près de Blois, premier grand temple zen établi en Europe.
Chez Deshimaru, le zen n’est cependant pas limité au temps passé sur le coussin. La posture, la respiration et l’attention cultivées pendant zazen doivent peu à peu imprégner les gestes de la vie quotidienne. La pratique concerne ainsi aussi bien la manière de travailler que de marcher, de manger ou d’entrer en relation avec les autres. Le spirituel ne se situe pas à l’écart de l’existence ordinaire : il s’éprouve à travers elle.
Cette importance accordée à l’expérience explique probablement une partie de la force de sa transmission. Deshimaru enseignait un zen qui devait être pratiqué avant d’être expliqué. La compréhension intellectuelle conserve sa place, mais elle vient se confronter à quelque chose de beaucoup plus immédiat : un corps assis, une respiration, le silence, l’inconfort parfois, et l’observation de ce qui apparaît lorsque l’on cesse simplement de s’agiter.
La figure de Taisen Deshimaru trouve enfin pour moi une résonance plus personnelle depuis ma propre découverte de zazen. J’y retrouve une intuition déjà rencontrée par d’autres chemins : certaines transformations ne passent pas seulement par l’analyse ou par les mots. Comme la matière peut enseigner la main de l’artisan, la posture et le silence peuvent devenir à leur tour des formes d’expérience et de connaissance. Il ne s’agit alors plus seulement de comprendre une voie, mais de commencer à l’éprouver.
