Astrologie mondiale et Union européenne : méthodologie de recherche

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Un peu d’astrologie mondiale pour changer !

Difficile d’ignorer l’Union européenne tellement elle est présente dans nos vies, de près ou de loin. Pour le meilleur ou pour le pire. Et, aujourd’hui, le monde change tellement vite. Beaucoup de lois et d’initiatives de Bruxelles ont un impact, et pas des moindres, en France comme dans les autres pays de l’UE.

Et certaines initiatives et lois diverses, depuis ces quelques années (et surtout en 2026 ?) me semblent plus que majeures.

On peut s’interroger, dès lors, dans un sens ou dans l’autre, sur le présent comme sur l’avenir de cette institution devenue cardinale en Europe.

Je me suis levé un beau matin et me suis dit : « Mais au fait que peut nous raconter l’astrologie mondiale sur l’UE ? ».

Et je trouve également intéressant, à travers l’astrologie mondiale, d’écrire un billet de blog au sujet de la méthodologie utilisée en astrologie en général. On n’y pense pas souvent et on n’y fait probablement pas assez référence non plus mais la méthodologie est centrale dans l’étude d’un thème, quel qu’il soit. Une occasion pour chacune et chacun de voir ce qu’il y a « en coulisses » et qu’est-ce qui justifie tel ou tel choix sur le plan méthodologique et/ou technique.

Quand on veut étudier le thème natal d’une personnalité publique ou d’un événement, des bases de données astrologiques existent pour nombre d’entre eux. Ces bases de données comptent plusieurs dizaines de milliers d’entrées (les coordonnées de naissances de personnes, événements divers, élections, catastrophes, états, organisations, etc,.) et certaines de ses bases incluent même ce qu’on pourrait définir comme un « indice de fiabilité » appelé, en anglais, le Rodden Rating, créé par l’astrologue américano-canadienne, du même nom, Loïs M. Rodden (1928-2003), fin 1979. Plus de 45 ans d’existence, ça date !

Cet indice, pour chaque entrée, classifie (un peu comme un nutriscore), selon une note donnée, la fiabilité des coordonnées de naissance (ou de création quand il s’agit d’une entreprise, d’une institution, etc,.) :

  • AA : acte de naissance ou registre officiel (niveau de confiance maximal) ;
  • A : donnée fournie par la personne ou sa famille ;
  • B : biographie documentée ;
  • C : source peu fiable ;
  • DD : sources contradictoires ;
  • X : heure inconnue.

Si ces bases de données sont relativement exhaustives, elles ne peuvent logiquement pas documenter toutes les personnalités et les événements existants.

D’autant plus qu’il peut, parfois, être compliqué d’avoir connaissance de l’heure exacte (contextes sociohistoriques divers : disparition ou destructions d’actes ou registres officiels, entre autres) et qui ne peuvent donc plus être consultés.

Prenons un exemple concret, celui qui nous occupe aujourd’hui !

Déjà, mauvaise nouvelle, la création de l’UE n’est pas répertoriée dans ces bases de données ; ou bien je ne les ai pas trouvées.

On peut, en revanche, trouver le Traité de Rome qui est constitutif de la Communauté Économique Européenne (CEE). Événement historiquement antérieur à l’UE et qui a eu lieu le 25 mars 1957 à 18 h 50 à Rome. L’indice de Rodden est classé A. Les deux traités sont malgré tout bien distincts.

Or quand on s’intéresse au thème natal d’un événement non humain, on s’en tient généralement à l’heure où le document contractuel a été signé ou reçu et faisant donc foi de la création dudit événement (signature d’un contrat, émission ou réception d’un KBIS, etc,.).

Pour l’événement qui nous intéresse, on peut retenir deux dates et lieux :

  • Le 07 février 1992 : signature du traité de Maastricht, document constitutif de l’UE, à Maastricht même ;
  • Le 01 novembre 1993 : correspond à l’entrée en vigueur dudit traité (on garde donc la ville de Maastricht).

À ma connaissance, aucune source publique ne donne l’heure précise de la signature du traité de Maastricht. Et pour cause !

Cette heure est de toute façon, très difficile à donner car le traité n’a pas été signé par une seule personne mais par les représentants des douze États membres, à l’époque. La cérémonie s’est déroulée au cours d’un sommet européen, avec une succession de signatures individuelles. Selon la manière dont on définit le « moment de naissance » :

  • le premier chef d’État ou de gouvernement signe ; 
  • le dernier signe ; 
  • les instruments sont échangés ; 
  • la cérémonie est officiellement close. 

Ces moments peuvent être espacés de plusieurs dizaines de minutes, voire davantage. On peut supposer que le sommet s’est tenu dans la journée mais guère plus.

J’ai consulté ledit traité de Maastricht dans les archives de l’UE mais aucune heure n’est indiquée. On peut le consulter à cette adresse.

Il n’y a donc aucune possibilité d’établir une heure de naissance pour la naissance de l’UE.

Méthodologie

Ne pas avoir l’heure de naissance d’une personne ou d’un événement empêche d’avoir un « thème complet » car l’heure permet de calculer les angles (les 2 axes : Ascendant-Descendant et puis Milieu du Ciel-Fond du ciel) et également le calcul des maisons ; on ne peut donc savoir à quel degré commencent ou finissent les maisons.

Si monter un thème sans heure, et donc sans les éléments qui en découlent, le rend moins précis, cela n’empêche pas d’en monter un sans ces éléments. Un certain nombre de marqueurs (notamment signes en planètes + noeuds lunaires) restent présents et pertinents.

En l’état, nous avons donc deux thèmes (ci-dessous) : celui du traité de Maastricht lui-même (thème n°1) et celui de son entrée en vigueur (thème n°2).


THÈME N°1

(TRAITÉ DE MAASTRICHT – 07 février 1992)


THÈME N°2

(ENTRÉE EN VIGUEUR DU TRAITÉ – 01 novembre 1993)

Par convention, en absence d’heure, on dresse généralement un thème pour midi. Dans les deux cas, la lune est affichée mais il n’est pas raisonnable de l’interpréter. La lune est un corps céleste rapide (elle parcourt parcourt environ 13° par jour, soit en moyenne 0,55° par heure) et compte tenu de son emplacement à midi, non seulement elle peut varier en degrés mais même en signe. J’exclurai donc une interprétation de la Lune.

Au niveau des aspects, je retiendrai les cinq aspects majeurs (conjonction, sextile, carré, trigone et opposition). Les orbes constituent en revanche un sujet moins consensuel. Elles varient selon les écoles astrologiques, les auteurs et les planètes considérées. Certains distinguent par exemple les luminaires des planètes rapides ou lentes, tandis que d’autres appliquent des valeurs identiques à l’ensemble des corps célestes.

Pour l’interprétation du thème natal lui-même, j’utiliserai les orbes suivantes, à savoir : 10° pour les conjonctions impliquant le Soleil ou la Lune, 8° pour les conjonctions des planètes rapides et 7° pour celles des planètes lentes ; 8°, 7° et 6° pour les oppositions ; 6°, 6° et 5° pour les carrés ; 5°, 7° et 4° pour les trigones ; enfin 3°, 4° et 2,5° pour les sextiles. Ces valeurs permettent d’appréhender les structures permanentes du thème sans s’écarter des usages les plus courants.

Les transits répondent en revanche à une logique différente. Ils correspondent à des activations dans le temps et non à une structure permanente. Plus les orbes sont importantes, plus la période d’activation s’étend, ce qui augmente mécaniquement le nombre de corrélations possibles avec les événements historiques.

Dans le cadre de cette étude, j’ai donc choisi de retenir, pour les transits, des orbes volontairement plus restrictives : 2° pour la conjonction, le carré, le trigone et l’opposition, et 1° pour le sextile (peu importe le luminaire ou la planète considérée). Ce choix ne constitue pas une règle générale en astrologie mondiale, mais un principe de prudence méthodologique souhaitée propre à cette recherche.

Compte tenu du contexte du thème (une institution telle que l’UE), j’ai choisi d’afficher, et d’étudier, en plus, certains astéroïdes qui m’ont semblé pertinents avec l’UE).

  • Pallas : stratégie, intelligence politique (21° Sagittaire thème 1 et 23° Verseau thème 2) ;
  • Junon : alliances, traités (3° Poissons thème 1 et 8° Balance thème 2) ;
  • Cérès : agriculture, ressources, alimentation (12° Capricorne thème 1 et 27° rétrograde Bélier thème 2) ;
  • Vesta : institutions, continuité (25° rétrograde Vierge thème 1 et 30° Verseau thème 2) ;
  • Éris : fractures, contestations, polarisation, très utilisée aujourd’hui en astrologie mondiale (17° Bélier thème 1 et 18° rétrograde Bélier thème 2).

Une méthode n’a d’intérêt que si elle est mise à l’épreuve. Avant de tirer la moindre conclusion, encore faut-il déterminer quels événements seront retenus pour confronter le thème à l’histoire de l’Union européenne.

Si cette méthodologie peut paraître lourde au premier abord, c’est qu’elle cherche à répondre à un problème bien connu de toute démarche d’interprétation : le risque de biais. Lorsqu’on connaît déjà l’histoire d’une institution, il est facile de repérer a posteriori des configurations astrologiques qui semblent remarquables. À l’inverse, il est beaucoup plus difficile de démontrer que ces correspondances n’ont pas été favorisées, consciemment ou non, par les choix du chercheur lui-même.

Ce risque n’est évidemment pas propre à l’astrologie. Les sciences humaines, la psychologie, la médecine ou encore les sciences sociales ont largement documenté un certain nombre de biais susceptibles d’influencer une étude : biais de confirmation, biais de sélection, biais rétrospectif, etc,.

L’astrologie mondiale présente en outre quelques difficultés qui lui sont propres : choix de la date fondatrice, incertitude sur l’heure, sélection des événements historiques, choix des techniques astrologiques ou encore définition des orbes. Le protocole présenté ci-dessus ne prétend pas supprimer ces biais. Il cherche simplement à en réduire autant que possible les effets.

Tous les événements n’ont évidemment pas la même importance. L’inauguration d’un bâtiment européen, la présidence tournante du Conseil de l’Union ou l’adoption d’une directive ne jouent pas le même rôle que l’entrée en vigueur d’un traité, un élargissement ou la création de l’euro. Encore faut-il définir ce qui constitue un événement suffisamment structurant pour être retenu.

Plutôt que de traiter tous les événements sur un pied d’égalité, j’ai donc choisi de leur attribuer un poids différent. L’objectif n’étant pas de mesurer leur importance politique, mais plutôt leur portée constitutive : dans quelle mesure modifient-ils durablement la nature, les compétences ou le fonctionnement de l’Union européenne ?

Cette pondération a pour objectif d’éviter de valoriser inconsciemment les événements qui correspondraient le mieux aux transits observés ; et de réduire l’influence de divers biais méthodologiques.

Conclusion

Ce protocole ne prétend évidemment pas résoudre toutes les difficultés propres à l’astrologie mondiale. Certains choix demeurent discutables, d’autres pourront sans doute être améliorés ou complétés. C’est précisément l’intérêt d’une méthode explicite : elle peut être critiquée, reproduite ou amendée sans que les règles du jeu changent en cours de route.

Plus largement, cette réflexion dépasse le seul cas de l’Union européenne ; et c’est aussi, je l’avoue, un peu dans cette optique que j’ai eu envie de faire ce billet de blog. L’astrologie est parfois présentée, par ses détracteurs comme par certains de ses défenseurs, comme une pratique essentiellement intuitive, reposant sur le seul talent de l’interprète. Je crois au contraire que, dès lors qu’elle prétend étudier un événement historique ou une réalité collective, elle gagne à expliciter ses sources, ses choix et ses critères d’analyse. C’est valable pour une étude individuelle.
Une méthode ne garantit pas qu’une interprétation soit juste. En revanche, elle permet de comprendre comment elle a été construite, de la discuter et, éventuellement, de la reproduire.

C’est à cette condition, me semble-t-il, que l’astrologie mondiale peut espérer développer une véritable démarche de recherche.

En outre, l’astrologie ne deviendra pas plus convaincante parce qu’elle adopte une méthode rigoureuse. En revanche, elle deviendra certainement plus exigeante envers elle-même. Et c’est peut-être par cette exigence, davantage que par ses conclusions, qu’elle pourra nourrir un véritable dialogue avec les autres disciplines.

Reste maintenant à voir ce que produit cette méthode lorsqu’elle est confrontée à plus de trente ans d’histoire de l’Union européenne.

Suite dans un prochain billet, pour l’interprétation…

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