Première partie d’une réflexion très exhaustive. Quand j’ai eu terminé de rédiger cette réflexion, je me suis rendu compte que celle-ci était bien trop longue pour un seul et unique billet de blog (environ 30 000 caractères en tout et pour tout !). J’ai donc choisi de le scinder en 3 parties. Trois billets de blog distincts.
Récemment, ma mère et moi avons eu une discussion passionnante suite à une question posée par une consultante, auprès de ma mère.
La question, (ou les questions car elles sont imbriquées) était la suivante :
Comment détermine-t-on la planète lente (pour définir par exemple si le carré est croissant ou décroissant) quand on regarde un aspect avec la lune noire, Chiron ou les nœuds ? On considère qu’ils sont fixes et que c’est la planète (ici le soleil) qui est la plus rapide ?
Des questions comme ça, ma mère et moi, on adore ; et ce genre de questions suscitent toujours des discussions passionnantes ! Et celle-ci m’a donné envie d’en faire un billet de blog (pour le coup, ça en fera trois pour le prix d’un !).
D’autant plus qu’il me semble impossible de répondre en deux ou trois phrases à la question posée initialement. Celle-ci demande à la fois une compréhension de la mécanique céleste astronomique et de la dimension symbolique de l’astrologie humaniste ; puis d’appréhender les choses sous la notion de corps célestes d’une part et d’aspects astrologiques d’autre part.
Et pourquoi y a-t-il eu discussion ? Car, l’air de rien, la question est complexe. Il y a des corps astrologiques de nature différente et leur fonctionnement l’est tout autant.
Prenons le temps de poser les choses, étape par étape.
Qu’est-ce qu’un aspect dit croissant ou décroissant ?
À ma connaissance, la dimension croissante ou décroissante d’un aspect est une spécificité de l’astrologie humaniste. L’astrologie traditionnelle (Barbault, Santagostini, Nicola, Hadès, Legrand, etc,.) n’en parle pas.
Pour rappel, il y a 5 aspects principaux en astrologie (quelle que soit l’école de référence) : une conjonction (0°), un sextile (60°), un carré (90°), un trigone (120°) et une opposition (180°). Il y en a davantage selon les besoins et le type d’astrologie pratiqué.
Concernant les aspects, on peut partir d’une idée très simple : un aspect n’est pas seulement un angle entre deux planètes (ou 2 corps astrologiques en général, d’ailleurs !). Un aspect, c’est aussi un moment dans une relation qui évolue dans le temps. Et c’est précisément cette évolution qui permet de parler d’aspect croissant ou décroissant.
On commence à partir de la conjonction (0°). Deux planètes sont au même endroit du zodiaque. Elles « démarrent » ensemble. À partir de là, une des deux va prendre de l’avance sur l’autre (dans le sens du zodiaque) puisque la vitesse des deux corps ne sont pas, a priori, la même. L’un des deux va avancer plus vite, l’autre plus lentement. C’est cette dynamique qui crée un cycle et qui va parcourir les différents aspects principaux, d’abord vers le carré puis vers l’opposition puis retour à la conjonction.
Un aspect est dit croissant lorsque l’angle augmente depuis la conjonction. Il est dit décroissant lorsque l’angle diminue après l’opposition. Autrement dit : de 0° à 180°, on est en phase croissante ; de 180° à 360° on est en phase décroissante.
Puis on observe la planète concernée par rapport au Soleil et on regarde si la planète en question est en avance ou en retard sur le Soleil dans le sens du zodiaque. Si la planète est après le Soleil, il s’agit de la phase croissante de l’aspect. Si elle est avant le Soleil, il s’agit alors de la phase décroissante de ce même aspect.
D’où la nécessité de comprendre la mécanique céleste pour répondre à la question initiale.
Le séminaire de première année d’Allô Allô Mercure, sur les aspects (séminaire 4) approfondit cette notion croissante et décroissante des aspects, en astrologie humaniste ; ainsi que la dimension appliquante ou séparante. C’est-à-dire qu’un aspect peut être croissant appliquant, croissant séparant, décroissant appliquant ou décroissant séparant. Et chaque déclinaison de l’aspect apporte une précisions spécifique.
La vitesse d’une planète : Déjà, c’est quoi, une planète dite « lente » ?
Y aurait-il un seuil de vitesse en deça ou au-dessus duquel une planète serait lente ou rapide ?
À proprement parler, non.
Et quand bien même, qui validerait tel ou tel seuil ? Selon quels critères ?
Les planètes (et les astres, de façon générale), d’abord, ont une réalité astronomique claire : ce sont des corps qui orbitent autour du Soleil, chacun avec une vitesse propre. Cette vitesse, observable, mesurable, fonde en grande partie la logique astrologique des aspects croissants et décroissants. Une planète en rattrape une autre, la dépasse, s’en éloigne. Il y a un mouvement, une dynamique, une temporalité.
Astronomiquement, une planète (ou un corps céleste de façon générale) est dite lente en fonction de sa période de révolution autour du Soleil. Plus cette période est longue, plus la planète met de temps à parcourir le zodiaque, et plus elle apparaît « lente » vue depuis la Terre. Notez que si on ajoute la perspective astrologique dans le cadre d’un zodiaque tropical (majoritairement utilisé, vs zodiaque sidéral), cela indique un point de vue à partir de la Terre qui devient le point de référence à partir duquel on observe le monde céleste ; c’est un cadre de référence géocentriste.
Autrement dit, on observe le ciel depuis la Terre, comme le ferait un observateur réel. Les positions des planètes, du Soleil ou de la Lune sont donc exprimées telles qu’elles apparaissent dans le ciel terrestre, et non telles qu’elles seraient décrites depuis le Soleil.
Ainsi, lorsqu’on travaille en zodiaque tropical, nous sommes dans un système géocentrique (centré sur la Terre), saisonnier (lié aux cycles de la lumière sur Terre) et symbolique (fondé sur une expérience vécue du ciel tout en étant sur Terre).
Dans ce cadre :
Le Soleil « se déplace » dans le zodiaque…alors que c’est la Terre qui tourne.
Les planètes peuvent sembler ralentir, s’arrêter, puis reculer (rétrogradation ; c’est un effet d’optique mais qui a une signification symbolique)… Effet lié à la perspective terrestre.
Le zodiaque tropical lui-même est défini à partir d’un événement observable depuis la Terre : l’équinoxe de printemps. Ce point de départ qu’est le 0° Bélier, correspond à l’endroit où le Soleil croise l’équateur céleste au moment de l’équinoxe. C’est donc un repère saisonnier, enraciné dans l’expérience terrestre du temps.
Je reviendrai sur cette dimension dans un futur billet de blog dans lequel je rentrerai plus en détails, notamment astrologiquement mais aussi philosophiquement, sur la distinction entre zodiaque tropical et zodiaque sidéral.
Quoi qu’il en soit et dans le cadre de ce que je viens de dire :
- La Terre met donc un an pour faire le tour du Soleil ;
- Mars met environ 2 ans ;
- Jupiter environ 12 ans ;
- Saturne près de 29 ans ;
- Uranus environ 84 ans ;
- Neptune, environ 165 ans ;
- Pluton environ 248 ans.
Rappel : on pourrait penser que la trajectoire de la révolution solaire des planètes est régulière mais la régularité du mouvement des planètes dépend entièrement du point de vue adopté. D’un point de vue héliocentrique, c’est-à-dire centré sur le Soleil, les planètes suivent des trajectoires globalement régulières, mais pas parfaitement uniformes. Depuis les travaux de Johannes Kepler au XVIIᵉ siècle, on sait que les planètes ne décrivent pas des cercles, mais des ellipses.
Cela implique une conséquence importante : leur vitesse varie au cours de leur orbite. Quand une planète est au plus près du Soleil (périhélie), elle accélère. Quand elle en est la plus éloignée (aphélie), elle ralentit.
Cette variation est décrite par la deuxième loi de Kepler (loi des aires), qui montre que le mouvement est régulier…mais au sens d’une loi précise et non d’une vitesse constante.
À partir de ces différentes considérations astronomiques, l’astrologie a établi une distinction pratique :
Planètes et corps célestes dits rapides : Lune, Soleil, Mercure, Vénus et Mars
Planètes dites lentes : Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune, Pluton
Ce découpage correspond à une expérience astronomique très concrète du ciel : les planètes lentes passent plusieurs mois, voire plusieurs années dans un même signe, alors que les rapides changent de signe en quelques jours ou semaines.
Mais cette lenteur n’est pas seulement une affaire de vitesse.
Elle engage aussi une qualité de temps différente ; et ici, on commence à rentrer dans la perspective astrologique mais aussi symbolique.
Une planète rapide décrit des variations immédiates, sensibles, presque quotidiennes. Elle touche à l’expérience vécue directement : émotions, pensées, réactions.
Une planète lente, elle, agit sur des durées longues. Elle installe des climats, des tendances de fond, des transformations qui dépassent souvent le cadre individuel. C’est pour cela qu’on les associe volontiers à des dimensions collectives ou transpersonnelles.
Pour rappel :
Les planètes personnelles et individuelles sont Mercure, Vénus, Mars.
Les planètes collectives et sociales sont Jupiter et Saturne.
Et les planètes collectives et transpersonnelles sont Uranus, Neptune et Pluton.
Pour terminer sur la vitesse des planètes, il est également bon de noter que lorsque deux planètes sont en relation, on considère généralement que la plus lente sert de référence structurante, tandis que la plus rapide vient activer cette structure. C’est ce qui permet, par exemple, de déterminer si un aspect est croissant ou décroissant.
