Suite de la partie 1 que vous pouvez retrouver ici.
Et les autres corps célestes, alors ?
Chiron

Entrons tout d’abord dans sa mythologie : Chiron est un centaure emblématique de la mythologie grecque, connu pour sa sagesse et son rôle de maître des héros. Contrairement aux autres centaures, il incarne la connaissance et la bienveillance.
Fils du Titan Cronos, qui s’unit à la nymphe Philyra sous la forme d’un cheval, et d’Ouranos (grand-père) et Gaïa (grand-mère). Sa mère (celle de Chiron), horrifiée par son apparence mi-homme mi-cheval, fut changée, suite à son accouchement, en tilleul par les dieux ; un arbre aux vertus médicinales et apaisantes, symbolisant guérison et maternité nourricière. Chiron grandit donc au pied de cet arbre-maman, qui l’élève et lui transmet sagesse et connaissances botaniques/médicinales. Le tilleul évoque alors fidélité, amour maternel, fécondité et consolation, reliant les dons guérisseurs de Chiron à sa mère végétale.
Blessé accidentellement par une flèche empoisonnée d’Héraclès (trempée dans le sang de l’Hydre), Chiron souffre éternellement malgré son immortalité. Il échange sa vie avec Prométhée, meurt et est placé par Zeus dans la constellation du Sagittaire.
Chiron a un rôle d’enseignant (je dirais, mentor initiatique, à titre personnel). Expert en médecine, chasse, musique, astrologie et botanique, Chiron forma des héros comme Achille, Jason, Asclépios et Héraclès sur le mont Pélion en Thessalie.
Dans la symbolique astrologique, Chiron est donc le « guérisseur blessé » et représente une blessure profonde et incurable qui devient source de sagesse et de guérison pour soi et les autres. Il relie la souffrance originelle à un potentiel d’évolution spirituelle.
Sa position dans le thème natal indique le domaine vulnérable (maison et signe) où l’on souffre d’une faille émotionnelle, physique ou existentielle, mais qu’on transcende en empathie et enseignement. Contrairement à une planète, Chiron évoque un paradoxe : la douleur persistante mène à l’initiation et à l’acceptation de l’imperfection humaine.
Le « Chiron astrologique » vient catalyser la sublimation et transformer le trauma en force, reliant structures saturniennes (limites) à l’éveil uranien (liberté). Il invite à une conscience supérieure via l’empathie et la bienveillance.
D’un point de vue astronomique, Chiron, tout comme les planètes, est également un corps céleste « solide ». Chiron qui fait partie de la catégorie astronomique des Centaures (objets célestes dont l’orbite se situe entre Jupiter et Neptune) a été découvert en 1977 par l’astronome américain Charles T. Kowal, et son orbite elliptique et instable se fait entre Saturne et Uranus.
Sa trajectoire est irrégulière, sa vitesse variable (il peut rester dans un signe entre 1,5 an et 4 ans !), et sa nature hybride (ni tout à fait astéroïde, ni tout à fait comète) en fait déjà, sur le plan symbolique, un symbole de passage, de seuil. Sa révolution solaire est d’environ 50 ans. Pour en revenir à la question initiale de la consultante en tête de ce billet, on peut donc largement considérer Chiron comme un corps céleste à vitesse lente.
Deuxième dimension symbolique intéressante, le retour de Chiron sur sa position natale intervient donc au milieu de la vie humaine, vers la cinquantaine après avoir traversé le théâtre du Zodiaque. Je vous laisse méditer là-dessus !
Les Lunes noires (car, oui, il y en a plusieurs !) et Lilith
Ah ! Là, on change un peu (beaucoup) de registre car on quitte ici le monde des corps célestes dits « solides » pour des corps immatériels mais pas moins irréels pour autant.
« La Lune noire », tout un (vaste) programme ! Certains la trouvent complexe ; j’en fais partie. Rien que sa définition en fait fuir plus d’un. Elle est presque une légende à elle toute seule tant elle inspire mystère et exigence ; elle semble inaccessible et fait donc peur rien qu’au niveau de sa compréhension ; comme si on préférait la fuir que la rencontrer. Ma formulation n’est pas anodine ! J’ai rencontré des astrologues qui préféreraient ne pas l’inclure dans leur pratique car ils n’arrivaient pas à l’appréhender de façon suffisamment juste. Je les comprends.
Mais son potentiel et sa force symboliques, si tant est qu’on puisse dire les choses de cette façon, sont à la hauteur de son inaccessibilité primordiale apparente ou réelle. Bref, la Lune Noire est astronomiquement (et symboliquement aussi ?) mal comprise.
La comprendre, c’est déjà avancer et évoluer. L’intégrer, là, on va encore plus loin. C’est pour ça que je considère la Lune Noire (au sens général, peu importe à laquelle on se réfère) comme une sorte de mentor initiatique, tout comme Chiron ; et toujours en astrologie, les concepts de Porte Visible et Porte Invisible (j’y reviendrai aussi ultérieurement dans un autre billet de blog).
Mais revenons à nos lunes noires !
Comme vous l’avez (peut-être) compris, le concept de Lune Noire n’est déjà pas un long fleuve tranquille, tant comprendre ce qu’elle est peut paraître complexe. Mais comme si ce n’était pas suffisant, il en existe 3 différentes ! Ça me rappelle un commentaire de mon prof de physique, en 4ème, lors d’un exercice sur les fractions. J’avais trouvé le résultat mais en passant par une fraction…à 14 chiffres ! Il m’avait mis dans la marge : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué« . Eh oui, il faut savoir que je n’ai jamais été une lumière en mathématiques et s’il existait une vitesse de la lumière négative, j’en serais probablement une ! À défaut, j’ai toujours eu l’âme d’un littéraire.
Bref…
En astrologie, il existe traditionnellement trois catégories de Lunes Noires :
- la Lune noire dite vraie (mais je trouve que c’est un abus de langage, je vais y revenir dans un instant) ;
- la Lune noire dite moyenne ;
- la Lune noire dite corrigée ;
Ci-dessous, les 3 Lunes Noires (carte du ciel montée pour Paris, début mars 2026), en Sagittaire et en maison V, la Lune Noire corrigée à 6°, la moyenne à 8° et la « vraie » à 21°.

Et pour « s’amuser » un peu, il y a aussi Lilith.
Vous allez comprendre mon ironie.
Historiquement, le nom « Lilith » vient d’une figure mythologique issue de traditions mésopotamiennes et reprises dans certains textes hébraïques. Cette figure a été associée à la Lune noire pour des raisons symboliques : altérité, marge, part non domestiquée du féminin, etc.
À partir de là, deux tendances se sont dessinées au fil du temps dans l’histoire de l’astrologie depuis le XXe siècle.
Certains astrologues parlent de « Lilith » pour désigner la Lune noire (souvent sans préciser de laquelle il s’agit).
Mais…car il y a un mais, il existe aussi un corps céleste solide, un astéroïde qui s’appelle Lilith ; qui a été découvert en 1927 par un astronome français d’origine russe, Benjamin Jekhowsky. Surnom de l’astéroïde qui, d’ailleurs, n’a rien à voir avec la figure mythologique puisqu’il a été nommé en l’honneur de la compositrice française Lili Boulanger, fille d’un célèbre professeur français du conservatoire de Paris tandis que la mère était Raïssa Ivanovna Mychetsky qui était une princesse russe.
Ci-dessous, une carte, montée pour le 24 mars 2026 à Paris avec l’astéroïde Lilith, à 20° du signe du Bélier (les 3 Lunes Noires étant en face, en Scorpion et en Sagittaire, ce jour-là).

À ma connaissance, personne n’utilise vraiment cet astéroïde (dont la révolution solaire est d’un peu plus de 4 ans). D’où, je suppose, l’utilisation du nom mythologique pour la Lune Noire corrigée par certains astrologues.
Pour ma part, je préfère réserver le terme de Lilith à l’astéroïde (corps céleste bien solide), simplement pour éviter d’ajouter une couche de confusion. Cela dit, d’autres choix existent, et ils peuvent tout à fait se tenir dès lors qu’ils sont assumés et cohérents ; et que l’astrologue sait ce qu’il utilise, manipule et pourquoi. Certains auteurs, dont ma mère, proposent ainsi une distinction intéressante : Lilith pour la Lune noire corrigée, la Licorne pour la Lune noire moyenne, tandis que la Lune noire dite « vraie » conserve son nom.
Pour en revenir à nos Lunes noires, ajoutons également, en termes de sémantique, qu’on lit (trop souvent à mon goût) le terme de « point fictif ». Terme que je trouve personnellement inexact.
Fictif signifie quelque chose qui n’est pas réel ou qui n’existe que dans l’imagination, et non dans la réalité concrète. Or un point mathématique n’est pas irréel ou imaginaire pour autant et il a bien une réalité concrète quand bien même celle-ci est mathématique à défaut d’être matérielle.
Quand je parle de Lunes noires, je préfère donc utiliser le terme de « points mathématiques » tout simplement. D’ailleurs, comme tout point mathématique qui se respecte, la position des Lunes Noires est calculée selon des techniques de calculs (mathématiques !) qui, elles aussi, sont plurielles. La Lune Noire est quand même un sacré maelström !
Dans le champ de l’astrologie humaniste, influencé notamment par Dane Rudhyar, on a plutôt tendance à considérer la Lune noire comme un point symbolique lié à une dynamique intérieure, et à ne pas la confondre avec un objet matériel (ou solide).
Les fameux points mathématiques évoqués correspondent aux foyers mathématiques des Lunes Noires. La Lune (réelle) tourne autour de la Terre selon une ellipse conformément aux lois décrites par Johannes Kepler.
Dans cette ellipse, la Terre occupe un des foyers, quant à l’autre foyer, il est vide. La Lune se rapproche (périgée) et s’éloigne (apogée).
C’est ce cadre géométrique qui rend possible la définition de la Lune noire. La Lune noire correspond à deux façons de repérer une même chose, soit l’apogée lunaire (point le plus éloigné de la Terre) soit le second foyer de l’ellipse. Ces deux points sont alignés dans la même direction vue depuis la Terre. On pourrait presque dire que la Lune noire est une « trace » laissée par la forme de l’orbite lunaire.
La difficulté à comprendre la Lune Noire vient, entre autres, de sa mécanique orbitale tout en étant exclusivement mathématique. Elle fait bien le tour du zodiaque (en un peu moins de 9 ans environ) mais ce n’est pas tant la Lune Noire qui « fait le tour » du zodiaque ; il n’y a rien qui voyage sur le plan matériel. Ce qui fait en réalité le tour du zodiaque, c’est l’orientation géométrique de la Lune Noire via la rotation complète de l’ellipse.
Pourquoi a-t-on l’impression d’un mouvement zodiacal ? Parce qu’en astrologie, on travaille dans un référentiel géocentrique dans lequel on projette tout sur le cercle du zodiaque et toute direction devient une position en degrés ce qui aboutit à un changement d’angle.
Pour simplifier (si tant est que ce soit possible, c’est là où l’art de la pédagogie réside !), la structure de l’orbite lunaire pivote, et la Lune noire en est un repère.
Prenons une analogie :
Imaginez une ellipse dessinée sur une feuille. La Lune serait un point qui circule dessus. La Lune noire serait liée à la forme de cette ellipse. Maintenant, vous faites tourner la feuille sur elle-même. Même si le point « Lune noire » n’existe pas physiquement, sa direction dans l’espace change. Voilà.
Mais ceci ne nous dit toujours pas comment on fait pour la dimension croissante ou décroissante quand il s’agit de la Lune Noire.
Prenons un exemple avec Jupiter. On regarde sa position par rapport à la Lune noire dans le sens du zodiaque, puis on observe comment l’angle évolue au fil du temps (comme dans la vidéo de la partie 1 où j’utilise Saturne et Mars dans mon exemple ; mais on le ferait, dans cet exemple-ci, avec Jupiter et la Lune Noire). Si Jupiter s’éloigne de la conjonction vers l’opposition, on est dans une phase croissante ; s’il revient de l’opposition vers la conjonction, on est dans une phase décroissante.
Autrement dit, ce n’est pas tant la nature de la planète qui change la règle, mais la dynamique de la relation. Peu importe la planète ou le corps céleste utilisé, c’est toujours celui qui porte le mouvement et qui entre en relation avec un point qui, lui, sert de repère.
Ce qui peut, en revanche, changer, c’est la manière de lire cette dynamique. Avec Jupiter, par exemple, on entre dans un registre qui est celui du sens, de la croissance, de l’orientation. La phase croissante pourrait alors évoquer une expansion progressive en lien avec cette zone symbolique, tandis que la phase décroissante pourrait renvoyer à une réévaluation, une intégration, voire une redéfinition de ce qui a été exploré. C’est-à-dire qu’on met en jeu les symboliques.
Pour autant, peut-on affirmer qu’on peut avoir recours à cette technique, pour ce qui est des Lunes Noires ? À ce jour, je ne sais pas. Je dirais presque, qu’il faudrait faire une étude empirique pour en évaluer la nécessité.
Pour information, ma mère, Jacqueline Boilot, prépare un nouveau et futur séminaire de formation sur…la Lune Noire ! Celui-ci devrait voir le jour à l’été 2026. Stay tuned, comme on dit ! Et si vous ne connaissez pas son site et sa page Facebook, je vous invite à les découvrir !
