« Un soir, au temps du sombre équinoxe d’automne
Où la mer forcenée et redoublant d’assauts
Se cambre et bat d’un lourd bélier le roc qui tonne,
Nous étions dans un lieu qui domine les eaux.«
Ce vers est le premier du poème Un soir, au temps du sombre équinoxe d’automne, écrit en 1901 par le poète Charles Guérin dans son recueil Le Semeur de cendres.
On peut lire ce vers comme la puissance tumultueuse de la nature lors de l’équinoxe d’automne, symbolisant la force, l’instabilité et le bouleversement propres à ce moment de transition entre lumière et obscurité, été et automne ; cette heure charnière pleine d’ombre et de lumière, de fin et de commencement, d’une lutte intérieure sur fond d’un paysage maritime violent et inquiétant. D’un point de vue poétique, on peut voir l’équinoxe comme la métaphore du combat mental et émotionnel qui cherche à extraire un « secret » du Destin, au moment où l’astre solaire meurt lentement à l’horizon.
COMPRENDRE LES ÉQUINOXES
D’un point de vue astronomique, une équinoxe est le point d’intersection de l’écliptique (la trajectoire apparente du Soleil vue de la Terre) et de l’équateur terrestre. C’est le moment où la déclinaison apparente du Soleil est nulle, c’est-à-dire que le Soleil est au zénith à l’équateur terrestre. À ces instants, le jour et la nuit ont approximativement la même durée sur toute la Terre, ce qui explique le nom venant du latin aequinoctium, aequus signifiant égal et nox nuit. Ce phénomène est lié à l’inclinaison de l’axe de la Terre (environ 23°50′ en général) qui fait que la durée d’ensoleillement varie au fil de l’année, les équinoxes marquant donc un équilibre temporaire entre jour et nuit.
*pour info : Sur des temps géologiques, environ tous les 41 000 ans, l’inclinaison de l’axe de la Terre peut varier entre 22° et 25°. En outre, l’activité humaine de pompage sur les nappes phréatiques semble avoir un impact direct sur cet axe. En effet, il semble y avoir une corrélation à hauteur de 40 % de la déviation de l’axe de rotation de la Terre et fait pencher la Terre vers l’Est. Et le taux de rotation de notre Terre change, lui aussi, ce qui fait que nos journées s’allongent chaque jour de 0,003 secondes (Source : National Geographic, 2023).
ET DU CÔTÉ SYMBOLIQUE ET DES TRADITIONS SPIRITUELLES ?
D’un point de vue plus général et aussi symbolique, les équinoxes ont toujours eu une place particulière dans nombre de traditions spirituelles et de religions. Pour celles-ci, ces phénomènes étaient, et sont toujours (Pâques, St-Michel, bouddhisme zen, traditions néo-païennes et wiccanes, ou encore le Zoroastrisme pour n’en citer que quelques-unes), en analogie avec le rythme du cosmos et pouvaient s’accompagner d’actes ou de rites symboliques en lien avec la symbolique donnée aux équinoxes et aussi par leur manifestation dans le monde du visible : changement de végétation, de température et de luminosité. Les différentes célébrations sous forme d’actes ou de rites symboliques permettent de se synchroniser avec la Nature et pouvoir à son tour changer, évoluer et donc progresser.
Avec l’arrivée de l’automne la durée des jours va continuer de diminuer et l’obscurité va gagner du terrain, cette période permet également de trouver les ressources en soi pour pouvoir faire face à notre côté sombre (qui n’en a pas !) qui commence à se dévoiler en cette saison.
LES ÉQUINOXES EN ASTROLOGIE HUMANISTE
Mais revenons à l’astrologie humaniste…
À ma connaissance, ni Stephen Arroyo ni Alexander Ruperti ne parlent d’équinoxes. En revanche, dans son livre Astrological Timing, Dane Rudhyar insiste bien sur le fait qu’une équinoxe est bien plus qu’un simple basculement saisonnier. Il faut plutôt voir ce phénomène comme un moment qui symbolise un seuil de conscience, un passage initiatique. Toute la première moitié de l’année zodiacale, c’est-à-dire du Bélier à la Vierge, est orientée vers l’expansion, la construction de l’identité et l’affirmation de soi. À partir de la Balance, le mouvement s’inverse : l’élan individuel se tourne vers le collectif, et la conscience commence à s’élever au-dessus de ses préoccupations personnelles pour se relier à un ordre plus vaste.
Rudhyar voit dans les équinoxes un axe reliant deux plans fondamentaux : le plan équatorial d’une part (associé à la rotation terrestre et à la conscience individuelle), et le plan de l’écliptique d’autre part (lié à la révolution de la Terre autour du Soleil et au flux de la vie planétaire).
L’équinoxe de printemps correspond ainsi à la descente de l’esprit dans la matière, à l’ensemencement d’idées nouvelles dans l’humanité. Celle d’automne représente, elle, le mouvement inverse : la remontée de l’être vers le spirituel, après avoir intégré et mûri ces semences créatrices. Rudhyar va jusqu’à voir en ce moment le plus « spirituel » de l’année, celui où la conscience humaine peut véritablement se mettre au service du tout.
Ce seuil de la Balance devient alors un point de bascule où l’individu, fort de ce qu’il a accompli et assimilé, peut transformer son élan personnel en offrande consciente au monde.
MONTER UN THÈME D’INGRÈS D’ÉQUINOXE
Un quoi ??
Un ingrès !
Mais c’est quoi, cette bête ?
En astrologie (quel que soit le courant, à ma connaissance), on appelle ingrès (du latin ingressus, « entrée ») le moment précis où une planète entre dans un nouveau signe du zodiaque ; c’est-à-dire lorsqu’elle passe de 29°59 d’un signe à 0°00 du signe suivant. Chaque fois qu’une planète change de signe, elle change de tonalité archétypale : elle continue son cycle, mais adopte une nouvelle “couleur d’expression”.
C’est un peu comme un acteur qui joue le même rôle sous un nouvel éclairage : l’essence reste la même, mais l’ambiance change.
Dans la pratique de l’astrologie traditionnelle comme celle de l’astrologie moderne, on peut donc dresser un thème d’ingrès pour n’importe quelle planète, et même pour un astéroïde ou un point fictif, du moment qu’on dispose avec précision du moment où cette planète ou ce point astrologique entre à 0°00 d’un signe, d’une part et d’un lieu géographique de référence pour calculer la carte, d’autre part.
Tout d’abord, un thème d’équinoxe n’est pas un thème natal.
J’explique dans ce billet de blog ce qu’est un thème natal et quelles sont les informations dont on a besoin pour monter un tel thème ; notamment le moment exact de la naissance.
Dans un thème de Lunaison (Nouvelle Lune ou Pleine Lune), on montera le thème pour le phénomène astronomique correspondant (en regardant des éphémérides) et le point de référence astrologique pour l’interprétation sera la Lune.
Dans le cas d’un thème d’équinoxe, on regarde également des éphémérides pour savoir à quel moment exact se fait l’équinoxe. Celle-ci correspondant au moment où le Soleil entre dans le nouveau signe zodiacal correspondant (Balance pour l’équinoxe d’automne ; Bélier pour l’équinoxe de printemps). Ici, le point de référence astrologique pour l’interprétation sera donc le Soleil.
L’ingrès est donc important pour un thème d’équinoxe.
En 2025, cette équinoxe d’automne a lieu le lundi 22 septembre à 20 h 20 heure française (j’ai décidé de publier ce billet de blog à cette même heure) soit 18 h 20 UTC et environ un jour après une Nouvelle Lune qui s’est faite sous le signe de la Vierge.
Mais alors que nous dit cette équinoxe d’automne 2025 ?
LA CARTE DE L’ÉQUINOXE D’AUTOMNE 2025
J’affiche volontairement deux cartes, une avec les axes AS-DS-MC-FC et donc aussi les maisons (à gauche) et une autre un peu plus « épurée » à droite. Selon la carte, la « rotation » est donc normale puisque c’est soit l’Ascendant, de façon normée, à gauche ; soit à 0° du Bélier (si pas d’axes et donc de maisons).

LE GRAND CERF-VOLANT
Ce qui saute en premier aux yeux : une figure astrologique dite en cerf-volant. Un grand Trigone (trois planètes formant entre elles trois trigones à 120°. Ici on a Soleil en Balance maison VI, Pluton Verseau maison XI, Uranus Gémeaux, maison II). Notamment en Air. Une opposition (angle de 180°. Ici Soleil Balance maison VI et en face conjonction Neptune-Saturne tous les deux en maison XII mais Saturne en Poissons et Neptune en Bélier). Cette Opposition venant représenter la « corde » du cerf-volant. Et enfin deux Sextiles (60°. Ici Pluton Verseau maison XI et cette même conjonction susmentionnée. Et Uranus Gémeaux maison II avec cette même conjonction) aussi en Air.
Ce grand Trigone est un réservoir de potentiel intellectuel et relationnel et donne une grande capacité à tisser des liens entre idées, personnes et structures ; en quelque sorte à penser en réseaux tout en gardant un ancrage concret (maisons II et VI). Pluton en XI donne une force de transformation collective, Uranus en II une originalité dans la manière de créer ses propres ressources, et le Soleil en VI cherche à harmoniser tout cela dans une pratique juste et cohérente.
Ce trigone est fluide et fertile, mais pourrait rester « confortable » si rien ne vient le stimuler.
D’où la mise en tension avec la « corde » (l’Opposition). Cette opposition agit comme une corde tendue qui oblige à se positionner. D’un côté, le Soleil en Balance en maison VI appelle à une organisation juste, équilibré claire et concrète : faire, structurer, équilibrer. De l’autre, la conjonction Neptune–Saturne en maison XII ouvre un espace de silence intérieur, d’intuition et de dissolution des repères habituels. C’est comme si la saison nous demandait de marcher sur un fil : rester productif et ancré mais tout en laissant place à l’invisible et au mystère.
Saturne, de son côté, apporte ici la structure et Neptune, la vision : s’ils sont vécus en conflit, ils dissolvent les efforts qui risquent donc de devenir caduques ; si, au contraire, ils sont vécus en alliance, ils peuvent donner une belle endurance.
Quant aux Sextiles (ici, croissants séparants) entre Pluton en Verseau maison XI et la double conjonction Neptune-Saturne d’un côté et Uranus en Gémeaux maison II et cette même double conjonction, ils servent de canaux d’intégration et permettent de faire remonter les intuitions profondes (maison XII) vers le plan de l’action et de la construction (maisons II, VI, XI).
MARS ET VÉNUS : AIMER AUTREMENT, AGIR AUTREMENT
Deux ou trois points également que je trouve particulièrement intéressants concernant Mars et Vénus ! Vénus, en Vierge en maison VI, cherche l’harmonie dans les gestes simples, le soin porté aux autres, l’art discret de rendre chaque lien plus vivant et plus juste. Mais attention ; car Uranus, en Gémeaux et en maison II, vient souffler un vent d’imprévu par un Carré croissant. Celui-ci vient ébranler les habitudes, bouscule les relations trop figées. En d’autres termes, il invite à desserrer l’étau du contrôle pour laisser passer le souffle vivant de la nouveauté ; c’est un carré également séparant donc cette énergie « perturbatrice » devrait être moins prégnante dans le temps.
Mars, de son côté, en Scorpion et en maison VII, avance avec une intensité magnétique : il veut aller au fond des choses, quitte à déranger ce qui se cache derrière les apparences. Lui aussi, comme Vénus, est bousculé. Lui, c’est Pluton en Verseau en maison XI qui s’impose avec une exigence à travers un Carré décroissant : celle de transmuter cette force brute en élan créateur. Leur Carré parle de luttes intérieures, de résistances, de vieilles armures à abandonner pour que l’action cesse d’être une conquête et devienne un acte régénérateur. Ces deux tensions agissent comme des tremblements souterrains : elles fissurent les anciennes formes pour que naissent des manières d’aimer et d’agir plus libres, plus vraies, plus conscientes. Comme pour Vénus, il s’agit là aussi d’un aspect séparant.
D’autre part, nos deux planètes personnelles Mars et Vénus, sont en Sextile (décroissant et séparant) et offrent un terrain fertile, mais exigeant : aimer ne suffira pas, il faudra oser transformer. Vénus invite à polir la relation comme on polit une pierre, Mars incite à brûler ce qui n’est plus vrai. Ensemble, ils nous rappellent que la relation n’est pas un territoire à conquérir, mais un lieu où chacun peut évoluer…à condition d’oser la sincérité, la vulnérabilité et la profondeur.
En somme, ces énergies équinoxiales ne demandent pas de tout renverser, mais d’ancrer l’invisible dans le réel, en laissant les grandes inspirations trouver une forme claire, utile et durable dans la matière et dans les relations. Cette configuration suggère donc, qu’au cours de cette saison, il ne suffira plus de rêver un monde meilleur ou de nourrir des idéaux collectifs : il s’agira de transformer ces visions en gestes tangibles et concrets, visibles dans la vie de tous les jours.
En outre, cette équinoxe d’automne 2025 ne se présente pas seule : elle suit de près une éclipse totale de Soleil conjointe au Nœud Sud (hier, le 21 septembre). Même si le phénomène n’était pas visible en France, son empreinte symbolique reste forte. L’éclipse agit comme une mise à zéro ; l’éclipse « vide la coupe » à partir de ce qui a été effacé, révélé ou fragilisé par l’éclipse.
L’équinoxe qui suit prend alors une couleur particulière : ce n’est plus seulement l’équilibre habituel entre jour et nuit, mais un équilibre à reconstruire après un effacement. C’est une invitation à réévaluer nos liens, nos alliances et nos manières d’habiter le monde relationnel (Balance), afin que l’harmonie retrouvée ne soit pas un retour à l’identique, mais une avancée vers un nouvel ajustement plus juste et plus conscient.
INTÉGRER L’ÉQUINOXE DANS SON PROPRE CHEMIN D’ÉVOLUTION
Prenons un exemple avec Lucie née à Dijon, le 09/03/2005 à 16 h 55.
Les deux cartes sont superposées (le thème natal de Lucie à l’intérieur et la carte de l’équinoxe à l’extérieur). Selon ce qu’on veut étudier, on peut superposer n’importe quelle carte (transits, progressions, ingrès, lunaison, etc,.).
Les aspects affichés ci-dessous correspondent aux aspects entre les deux cartes.

Qui est Lucie ? (Étude de cas inventée)
Lucie a 20 ans et vit à Dijon. Elle est étudiante en design sonore dans une école d’arts appliqués et effectue actuellement un stage dans un studio spécialisé dans la création d’identités sonores et de contenus culturels. On peut sentir chez elle une sensibilité qui l’aide dans sa spécialité académique.
Elle s’investit beaucoup dans ses projets qui la passionnent, au point parfois d’en oublier de manger ! Cette capacité qu’elle a à s’immerger totalement dans ce qui l’habite est une force mais, trop perfectionniste, elle ne respecte pas toujours les délais donnés.
Elle se montre plutôt réservée et a tendance à rester en retrait lors des échanges de groupe. Elle redoute la critique et se censure facilement, ce qui freine sa prise de parole et limite sa visibilité dans son environnement scolaire et professionnel. Elle préfère souvent agir seule plutôt que de devoir s’imposer dans un groupe, même lorsqu’elle a des idées pertinentes à proposer.
Ses enseignants et ses collègues la décrivent comme quelqu’un de fiable, discrète et autonome, mais parfois trop effacée.
Revenons à la synastrie (comparaison de thèmes) entre le thème d’ingrès (le thème d’équinoxe) et le thème natal de Lucie.
On peut déjà observer dans quelles maisons natales tombent les planètes de l’ingrès (l’équinoxe).
On peut voir ici que :
Le Soleil d’ingrès tombe dans la maison II natale de Lucie (Soleil = les domaines de la vie activés par la saison). Cette saison d’équinoxe mettra en lumière son rapport à ce qu’elle possède et à ce qu’elle vaut.
- Elle est invitée à clarifier ce qui constitue ses ressources réelles : non seulement l’argent ou le travail, mais aussi ses talents, ses compétences, ses dons naturels (qui, en astrologie, sont aussi des ressources ; on pourrait aussi ajouter ressources spirituelles si telle était la demande) ;
- Le Soleil éclaire sa capacité à développer une assise plus stable et à prendre conscience que sa valeur ne dépend pas du regard extérieur ;
- D’un point de vue humaniste, c’est un moment pour se réapproprier son propre centre de gravité ; qu’elle puisse reconnaître qu’elle est une ressource pour elle-même et pour le monde.
Mars de l’ingrès tombe dans la maison III natale de Lucie (Mars = où on peut déployer son énergie et sa volonté et la maison III = communication, l’apprentissage, les relations proches, le mental concret).
- Lucie pourrait se challenger à oser prendre la parole, affirmer ses idées et intervenir davantage dans ses échanges quotidiens avec son entourage ;
- Mars en III peut aussi signifier une période où l’énergie est dispersée dans de multiples projets, contacts, apprentissages ;
- Le défi humaniste est de transformer cette ardeur intellectuelle en clarté et en courage de dire sa vérité (renforcé par un maître de maison I qui est Mercure en Bélier), plutôt que de se « perdre » dans une rigueur mentale (beaucoup de terre et d’angoisse avec Ascendant en Vierge, mars en Capricorne et Milieu du Ciel (MC) en Taureau qui peut avoir tendance à « ruminer »).
Vénus de l’ingrès tombe dans la maison I (identité, la manière d’entrer en relation avec le monde) natale de Lucie et conjointe à un angle puisque à l’ascendant (Vénus = où et comment le besoin d’harmonie, d’affection et de valeur personnelle va chercher à s’exprimer pendant la saison).
- Pour Lucie, la saison l’invite à mettre en avant son charme (soutien par un Nœud Sud en Balance et en maison III), sa sensibilité (soutien avec conjonction Lune-Uranus en Poissons), son sens esthétique ;
- Elle peut vivre une période où elle attire plus facilement la sympathie, où ses relations se fluidifient grâce à une attitude plus harmonieuse et accueillante.
- Mais attention : Vénus en I peut aussi pousser à chercher à plaire au détriment de l’affirmation personnelle.
- Le travail humaniste consiste donc à se montrer telle qu’elle est vraiment, sans se réduire à ce que l’autre attend (après tout, c’est aussi un Ascendant qui sort tout juste du Lion) : la beauté de l’être précède l’image.
Si Vénus est toujours maître d’une équinoxe d’automne, sa position en signe et en maisons est d’autant plus importante qu’elle est toujours maître d’une carte d’équinoxe d’automne.
Voilà pour une lecture partielle de cette étude de cas. Maintenant, vous n’avez plus qu’à remplacer le thème natal de Lucie par le vôtre et voir à quel endroit du thème tombent tels ou tels points astrologiques du thème d’équinoxe.
UN PEU DE GÉOMÉTRIE ASTROLOGIQUE ET SACRÉE
En incluant les différents aspects mentionnés avant, il est « fascinant » de voir la figure géométrique qui se dessine : un pentagone régulier : j’ai également entouré les planètes qui viennent « activer » chaque angle du pentagone.
NB : ⚠︎ attention, petite précision entre « perfection » et notion « d’arrondis » ou de ce qui s’en approche.
Par exemple, en musique, deux notes ne sont, dans l’accord, jamais « absolument » parfaites, ou très rarement (différence entre perfection théorique et mathématique d’une part et contraintes musicales, acoustiques, environnementales et humaines d’autre part), mais l’oreille reconnaît toutefois l’harmonie dans une « plage » considérée comme acceptable au niveau de la fréquence des notes et dans les limites cognitives de l’oreille humaine, différentes pour chacune et chacun d’entre nous.
De fait, les quintes et autres intervalles ne sont plus mathématiquement parfaits mais « tempérés » pour permettre une polyvalence dans le jeu et la composition.
Ce compromis permet d’avoir une justesse acceptable dans toutes les tonalités mais au prix d’une légère perte de la pureté des sons parfaits.
J’ai un peu la pression ! Si des musiciens confirmés et musicologues me lisent, soyez indulgents ! J’ai beau suivre des cours de chant et de musique, je suis très loin d’être un pro de la théorie musicale ! N’hésitez pas à m’indiquer des erreurs s’il y en a !
Eh bien, en astrologie, c’est pareil !
D’un point de vue strictement mathématique, ce pentagone n’en est pas un puisqu’il faudrait que chaque planète (chacun des 5 points), en théorie pure, soit séparée de 72° (360 ÷ 5) ; ce qui n’est pas le cas compte tenu des orbes de tolérance de ± 4° ici.
Pour rappel, il existe en astrologie des aspects dits mineurs dont le Quintile qui est de 72° et le Biquintile (144° soit 2 x 72° et comme 144 chemins de vie…).
Cette tolérance au niveau des orbes se retrouve en réalité extrêmement souvent en astrologie selon l’orbe retenu. On parle donc de « figures approchées », où l’important est la dynamique symbolique et énergétique, pas la perfection géométrique en soi. Là également, si des profs de mathématiques me lisent ; je vous laisse le soin de m’indiquer des inexactitudes s’il y en a !
Voici donc ci-dessous le fameux pentagone.

Ce pentagone (figure centrale de la géométrie sacrée qui peut, entre autres, se tracer à la règle et au compas) est considéré comme une configuration harmoniquement évolutive, parce qu’il se fonde sur le nombre 5, symbole de vie, d’Homme (tête, deux bras, deux jambes), de créativité. 5 côtés égaux et 5 angles égaux de 108° (ce qui donne, par réduction théosophique 1+8 = 9 ; 9 de nature céleste plutôt que terrestre. Il est le « triple-ternaire ». Dernier des chiffres de la suite décimale, il symbolise l’aboutissement, l’achèvement, la totalité. Mais il est aussi l’image du retour du multiple à l’unité, ainsi il est fin et recommencement. D’ailleurs, la forme du chiffre 9 peut évoquer la spirale, les cycles infinis, la mort et la renaissance…
On peut aussi tracer à l’intérieur d’un pentagone, l’Homme de Vitruve ou encore un pentagramme (symbole initiatique majeur, représentant l’homme debout, l’étoile de l’Esprit incarné) à l’intérieur du pentagone (l’harmonie, l’ordre naturel, la structure de la vie ; on le retrouve dans la disposition des pétales de nombreuses fleurs) dont le rapport entre la diagonale et le côté du pentagone est exactement égal au nombre d’or (φ = 1,618…) ; on est donc dans une figure dont les proportions sont divines. Dans la tradition pythagoricienne, le pentagone et le pentagramme exprimaient l’équilibre entre le microcosme (l’Homme) et le macrocosme (l’Univers). Cette figure Cela rejoint une vision humaniste et holistique : l’Homme n’est pas seulement matière, mais aussi souffle et Esprit.
Eh oui, l’astrologie et aussi histoire de géométrie…et de mathématiques !
Qu’en est-il des planètes aux 5 angles de notre pentagone d’équinoxe ?

Le pentagone de l’équinoxe d’automne 2025 relie Mars, Vénus, Pluton, Uranus et Neptune. En astrologie mondiale, on peut voir cette configuration comme une phase de recomposition où les grands pôles collectifs cherchent de nouveaux points d’équilibre.
Mars symbolise ici l’affirmation de puissance, la tension militaire ou stratégique. Vénus pointe vers les enjeux économiques et les valeurs collectives. Pluton met en avant la mutation des structures politiques et des rapports de pouvoir. Uranus traduit l’accélération des ruptures technologiques et sociales. Neptune enfin évoque les idéologies, les croyances collectives et la dissolution d’anciens repères.
Leur interaction sous forme de pentagone suggère que l’automne 2025 peut être marqué par des expérimentations et des alliances inédites, souvent fragiles et instables, mais porteuses de nouvelles pistes d’organisation. Les tensions économiques et sociales peuvent se confronter aux idéologies et aux innovations, tandis que les rapports de force politiques s’ajustent sans cesse. Ce n’est pas un temps d’aboutissement, mais un moment d’exploration collective, où se dessinent les contours d’équilibres encore incertains entre économie, pouvoir, idéaux et technologies.
Du point de vue de l’astrologie humaniste, Vénus en Vierge nous rappelle l’importance du soin et du détail dans nos relations et nos gestes quotidiens. Mars en Scorpion apporte une intensité transformatrice, le courage d’aller au fond des choses. Pluton en Verseau met en lumière l’exigence de mutation intérieure et d’ouverture à des idéaux collectifs. Uranus en Gémeaux stimule la curiosité, la pensée novatrice et l’expérimentation. Enfin, Neptune, à cheval entre la fin des Poissons et le début du Bélier, ouvre sur un imaginaire plus vaste, une inspiration qui invite à dépasser nos repères habituels.
Dans cette perspective, le pentagone de l’équinoxe agit comme une matrice créative : il ne nous demande pas de choisir une voie unique, mais de relier ces cinq dimensions en nous. Chacun peut y trouver une invitation à inventer une manière nouvelle d’habiter son quotidien, de tisser des liens, de transformer ses idéaux ou d’ouvrir son esprit. L’équilibre est encore fragile, mais c’est dans cette exploration que se joue une avancée intérieure : oser expérimenter, relier et créer autrement.
Ce billet de blog sur une équinoxe est mon premier du genre mais pas le dernier. Je ferai dorénavant quatre lectures par an : les deux équinoxes et les deux solstices.
Rdv pour le solstice d’hiver 2025 !
